{"id":168,"date":"2017-02-11T23:02:19","date_gmt":"2017-02-11T22:02:19","guid":{"rendered":"http:\/\/elisabethfouche.com\/?p=168"},"modified":"2022-03-18T10:41:46","modified_gmt":"2022-03-18T09:41:46","slug":"roman","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/elisabethfouche.com\/index.php\/2017\/02\/11\/roman\/","title":{"rendered":"Vertige d&rsquo;un intestin en fleur"},"content":{"rendered":"<p><strong>IDENTIT\u00c9<\/strong><\/p>\n<p>Des gouttes donnent au carreau de ma roulotte un air sale. L\u2019opacit\u00e9 d\u2019octobre s\u2019inscrit au loin, promesse connue et tant redout\u00e9e de l\u2019hiver. Vide&nbsp;?<\/p>\n<p>Bient\u00f4t, la nuit, le froid, la nudit\u00e9 des branches &#8211; frileuse m\u00e9lancolie d\u2019une double \u00e9paisseur de chaussettes dans laquelle on ne veut pas entrer.<\/p>\n<p>Novembre surtout, la floraison qui pique du nez sous la pur\u00e9e de pois cass\u00e9s et la perte des anciens rep\u00e8res.<\/p>\n<p>Que suis-je sans la col\u00e8re, livr\u00e9e sans protection au plomb \u2013 vanit\u00e9 d\u2019un combat du monde perdu d\u2019avance &#8211; avec la certitude pourtant de s\u2019en relever&nbsp;?<\/p>\n<p>TIC TAC, me voil\u00e0 devenue tambour. Ma peau tendue, agraf\u00e9e aux rebords d\u2019un espace d\u00e9peupl\u00e9.<\/p>\n<p>Je ne sens plus Pika\u00efa. Solide, concave, j\u2019encaisse.<\/p>\n<p>L\u2019absurdit\u00e9 r\u00e9sonne au rythme des cycles qui se renouvellent sans plus savoir \u00e0 laquelle de mes vibrations me fier. Plus celle que j\u2019\u00e9tais, pas encore celle que je devine.<\/p>\n<p>Mon identit\u00e9 en cocon, interm\u00e9diaire, d\u00e9cal\u00e9e entre le bouleversement interne et les vieilles habitudes malhabiles. Cet arrangement d\u00e9ment de ne se reposer sur personne et de prendre tout en main quand je ne sais plus, l\u00e0, quoi faire de ma couenne.<\/p>\n<p>Pika\u00efa\u2026As-tu donc eu tes ailes&nbsp;? En pleurs dans ma roulotte, m\u2019investis-je pour la premi\u00e8re fois&nbsp;? Pench\u00e9e sur des l\u00e9gumes que j\u2019\u00e9pluche en une ratatouille familiale qu\u2019il me faudra congeler par lot de cinq, que sais-je&nbsp;?<\/p>\n<p>Mon intuition qui, jusque l\u00e0, m\u2019aiguillait, fid\u00e8le, s\u2019est plant\u00e9e au c\u0153ur du sujet. Solitaire d\u00e9saffect\u00e9 que personne ne porte.<\/p>\n<p>La tribu de mes petits fr\u00e8res et s\u0153urs me manque. Sais-je me laisser aimer au-del\u00e0 du maternant&nbsp;?<\/p>\n<p>Je m\u2019\u00e9chappe, automate, sur cette ratatouille aberrante, avec au fond, le pressentiment d\u2019\u00eatre de plus en plus, depuis quelque temps.<\/p>\n<p>L\u2019adage veut que l\u2019homme ne change pas, qu\u2019il reste tapi dans le fond de lui-m\u00eame pour le transpirer sur ses proches et ses habitudes. Par quel miracle, Pika\u00efa m\u2019avait-il choisi, lui qui chamboulant puzzle et espace temps, avait amen\u00e9 mon \u00e9nergie \u00e0 irriguer des sentiers jusque l\u00e0 d\u00e9fendus.<\/p>\n<p>D\u00e9sirs et sentiments \u00e0 distance, la libido s\u2019emparait des territoires de l\u2019esprit. Fantasmes et raison se c\u00e9daient poliment la place, l\u2019instinct ind\u00e9fectible, incorruptible, sans pollution irrationnelle des \u00e9motivit\u00e9s maladives. Le tout, bien compartiment\u00e9.<\/p>\n<p>L\u00e0, plus la moindre ma\u00eetrise et le chaos. Mes sens et mon esprit \u00e9gar\u00e9s dans une d\u00e9gustation nouvelle. J\u2019ai enfil\u00e9 les bras, pass\u00e9 la t\u00eate, et la f\u00e9minit\u00e9 toute neuve, permise, est tomb\u00e9e sans un pli sur l\u2019ancienne dure \u00e0 cuire.<\/p>\n<p>Embarrass\u00e9e, mes mains au fond des poches caressent, du bout des doigts, douceur et s\u00e9r\u00e9nit\u00e9 s\u2019\u00e9tirant tel un chat.<\/p>\n<p>Est-ce moi&nbsp;? Ce devenir, investissant chaque jour et \u00e0 chaque jaillissement, quelles que soient les miettes de mes r\u00e9sistances, celle que j\u2019apercevais parfois dans les instants de gr\u00e2ce.<\/p>\n<p>Et ces \u00e9motions qui me d\u00e9passent, ces sentiments, pourtant \u00f4 combien apais\u00e9s, me rendant folle au point de sangloter sur l\u2019absence de po\u00e9sie dans le monde devant une casserole pleine, ces moments de naus\u00e9e qui reviennent par m\u00e9garde au d\u00e9tour d\u2019un m\u00e9tro bond\u00e9 rat\u00e9, ne sont que l\u2019apprentissage encore de cette nouvelle identit\u00e9 dans laquelle je m\u2019inscris.<\/p>\n<p>J\u2019observe, d\u00e9poss\u00e9d\u00e9e d\u2019un moi \u00e0 la volont\u00e9 totalitaire, consciente de mes m\u00e9diocrit\u00e9s, redevable des banalit\u00e9s, totalement submerg\u00e9e. Confiante pourtant, je crois. Indiff\u00e9rente peut-\u00eatre, qu\u2019en sais-je&nbsp;?<\/p>\n<p>Je subis, rien d\u2019autre \u00e0 faire.<\/p>\n<p>Pika\u00efa me manque, m\u00eame si de sa disparition, sacrifice \u00e9tonnant, m\u2019appara\u00eet in\u00e9dit, crucial depuis la bulle, le besoin de r\u00e9confort aupr\u00e8s des miens.<\/p>\n<p>L\u2019id\u00e9e m\u00eame de la marche, ces longues promenades sans but,&nbsp; portant ma solitude, si fi\u00e8re, \u00e0 bout de jambes, m\u2019est insurmontable.<\/p>\n<p>Vagabonde, seule cette libert\u00e9 me comblait, sans attache ni argent. Au-dessus des lois, des hommes, si loin des pr\u00e9occupations routini\u00e8res et avilissantes, de ce confort, fossoyeur d\u2019effort, avec pourtant ce luxe, mon gros bloc de pierres, Fouras et mes segments temporels.<\/p>\n<p>Dix jours, trois semaines, deux mois, berc\u00e9e par les attentions nourrici\u00e8res de ma grand-m\u00e8re. Petite fille, g\u00e2t\u00e9e et ingrate, obs\u00e9d\u00e9e \u00e0 l\u2019id\u00e9e de cette perte. En profiter en d\u00e9pit du bon sens, \u00e0 outrance, cigale l\u00e0, et tant pis pour le reste.<\/p>\n<p>Lasse, cette fois, d\u2019avoir pour seule loi, celle de la n\u00e9cessit\u00e9.<\/p>\n<p>Perplexe, d\u2019avoir pu barricader ma tendresse sous la dette. Comme si dans le fond, je m\u2019\u00e9tais faite pute de mes propres affections sous couvert de ne pas l\u2019\u00eatre. Sans autre exigence que celle de la respiration, croyais-je. Si dupe de mes inspirations emplies de nature morte tandis qu\u2019elles se gonflaient des \u00eatres.<\/p>\n<p>Faire la part des choses. Sacr\u00e9 concept.<\/p>\n<p>Depuis Pika\u00efa, je croyais que si chacun se d\u00e9cortiquait pour capter et comprendre le fond de sa marche, le monde se d\u00e9parasiterait du plomb &#8211; m\u00e9diocrit\u00e9, faux-semblants, projection &#8211; qui empoisonne les relations humaines.<\/p>\n<p>Trouver son mode d\u2019emploi au quotidien, l\u2019acceptation de sa part noire comme \u00e9vidente, sans barri\u00e8re morale ni refoulement. L\u2019animal en soi assum\u00e9 dans le recul de ses codes culturels pour l\u2019appliquer aux autres.<\/p>\n<p>Se savoir pour ne pas se tromper sur le choix de son partenaire, d\u00e9couvrant des ann\u00e9es plus tard qu\u2019il n\u2019\u00e9tait qu\u2019un palliatif de ses incapacit\u00e9s.<\/p>\n<p>Jusque l\u00e0, j\u2019\u00e9tais id\u00e9aliste et peu fix\u00e9e sur les d\u00e9tails du monde dont la politique me ramenait toujours vers cet intime en connexion avec l\u2019universel. Force est de constater que le monde ne tournerait pas mieux si chaque homme passait des ann\u00e9es en veille pour tenter de rena\u00eetre meilleur.<\/p>\n<p>Philanthrope maintenant&nbsp;?<\/p>\n<p>En pleurs sur cette salet\u00e9 de peau gluante et collante de courgette, mes \u00e9paules se haussent et se gaussent de ma mauvaise foi &#8211; miette de r\u00e9sistance.<\/p>\n<p>S\u2019acharne-t-on \u00e0 \u00e9plucher sa misanthropie le plus justement possible, sans philanthropie&nbsp;?<\/p>\n<p>Je ne sais plus o\u00f9 aller, en proie \u00e0 l\u2019irrationnel le plus complet. Est-ce donc cela \u00eatre femme&nbsp;? Priv\u00e9e de tout sens de l\u2019orientation&nbsp;?<\/p>\n<p><strong>SEXE &amp; ROLL<\/strong><\/p>\n<p>Le givre de janvier glisse sur Paris une aube de jeune vierge.<\/p>\n<p>J\u2019ouvre un \u0153il sur le ciel blanc, le referme. Victor sous ma couette, son ventre chaud qui palpite endormi au creux de mon dos. Son souffle paisible sur mes cheveux. Et mon corps \u00e0 peine \u00e9veill\u00e9 qui en veut encore au corps de Victor.<\/p>\n<p>Mes fesses se dandinent, langoureuses, contre sa panse et je me retourne lentement. Mes seins contre son torse. Son souffle encore somnolant. Mes doigts contournent ses t\u00e9tons un peu, descendent, tracent une ligne invisible jusqu\u2019\u00e0 son membre qui se cabre sous ma paume en plusieurs impulsions. Mon d\u00e9sir enfle avec le sien. Du bout des doigts, je suis le trac\u00e9 de ses testicules, les veinures dans le pliss\u00e9 de leur peau molle et d\u00e9licate, et reviens vers son p\u00e9nis devenu dur comme de la pierre.<\/p>\n<p>Le vertige descend comme chaque fois de ma poitrine vers ma vulve en passant par le ventre.<\/p>\n<p>Un orchestre souffle une m\u00e9lodie entre les l\u00e8vres de mon pubis. \u00c7a gonfle, \u00e7a se soul\u00e8ve et \u00e7a s\u2019humidifie sous la toison. J\u2019ai faim de peau de soie sous ses yeux encore clos.<\/p>\n<p>Ma bouche descend, suivant le m\u00eame cours que mes doigts quelques instants plus t\u00f4t. Ma langue l\u00e8che son gland enflamm\u00e9, en titille l\u2019orifice, puis mes l\u00e8vres l\u2019absorbent, le t\u00e8tent, l\u2019aspire jusqu\u2019\u00e0 le faire dispara\u00eetre au fond de ma gorge. Victor s\u2019\u00e9veille en un r\u00e2le et sa main caresse le va et vient de mes cheveux. Au bord de sa jouissance, ma bouche remonte lentement, mes l\u00e8vres claquant au sommet. Je me retire, l\u2019observant, un sourire provocant. Je me hisse jusqu\u2019\u00e0 sa bouche, l\u2019odeur de son sexe dans la mienne. Il m\u2019embrasse, s\u2019apaisant, ses mains parcourant mes seins, mon ventre, les replis de mon intimit\u00e9, puis y enfonce enfin son p\u00e9nis pour la danse.<\/p>\n<p>Le monde, le temps, le vide ont disparu. Plus rien d\u2019autre n\u2019existe que la transe, l\u2019alchimie sensuelle, ses mains, sexuelle, la vague qui se retire et celle qui se pr\u00e9sente, d\u00e9mente.<\/p>\n<p>La femelle jouit. Elle le chevauche maintenant, fi\u00e8re, \u00e9bouriff\u00e9e du d\u00e9sir assum\u00e9 qui consume le plaisir. Ses hanches ondulent. Les mains de Victor agripp\u00e9es \u00e0 ses seins. Elle jouit encore. Et Victor se r\u00e9pand. Repus, ils se recalent, leurs deux corps s\u2019\u00e9pousant dans un embo\u00eetement improbable. J\u2019en tremble de tous mes membres.<\/p>\n<p>Le sexe sent l\u2019oc\u00e9an. Je me rendors \u00e0 flan de panse.<\/p>\n<p>Le givre de janvier fond lentement et Paris se d\u00e9voile sous la pucelle. Ses trottoirs courent le long des pierres, des gorges, des ponts et des passants jusqu\u2019\u00e0 la porte coch\u00e8re d\u2019Harpo dans le dix-huiti\u00e8me. Des livres anciens emplissent en pagaille son salon et d\u00e9j\u00e0, sa voix me conte l\u2019histoire de la couverture en chevreau d\u2019un, le grain des pages, l\u2019odeur de l\u2019encre travestie, le tirage rare.<\/p>\n<p>Et ses doigts fins caressent tendrement les gravures, ses grands yeux verts chantant comme des perles de ros\u00e9e accroch\u00e9es aux herbes folles.<\/p>\n<p>Et je me laisse bercer, call\u00e9e dans le cuir d\u2019un fauteuil club, envahie des si\u00e8cles \u00e9pousset\u00e9s par le timbre grave et enjou\u00e9 d\u2019Harpo. \u00ab&nbsp;Une couverture en peau de b\u00e9b\u00e9 mort n\u00e9\u2026 Et oui ma belle&nbsp;! Quand l\u2019objet et le sujet ne font qu\u2019un, on atteint des degr\u00e9s insoup\u00e7onn\u00e9s d\u2019ironie&nbsp;! L\u2019art et la vie compris dans un livre cinq fois centenaire&nbsp;!&nbsp;\u00bb<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\">&#8211; Hum\u2026 Un peu d\u00e9gueu quand m\u00eame, non ?! Dis-je avec une mine de d\u00e9go\u00fbt apparemment r\u00e9jouissante, Harpo \u00e9clatant de rire.<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\">&#8211; Ah ! Ce n\u2019est pas comme \u00e7a que t\u2019envisageais l\u2019humanisme, hein ?! Un peu de th\u00e9 au jasmin ? Pousser l\u2019art dans le recyclage humain\u2026 Hum\u2026 Du dada\u00efsme avant l\u2019heure\u2026 Mais \u00e7a se tient\u2026 On sortait du barbarisme moyen\u00e2geux alors tant qu\u2019\u00e0 refoutre Dieu en place pour un anthropocentrisme r\u00e9fl\u00e9chi, autant y aller franco, moi je dis\u2026 Apr\u00e8s tout, l\u2019art n\u2019est pas autre chose qu\u2019une qu\u00eate de puret\u00e9\u2026 Et qu\u2019y a-t-il de plus pur qu\u2019une peau bien tendre de nouveau n\u00e9 d\u00e9j\u00e0 refroidi ?!<\/p>\n<p>Et le rire d\u2019Harpo envahit tout l\u2019espace, irrespectueux, extr\u00eame, violent.<\/p>\n<p>Et son salon devient caverne, et des ombres monstrueuses dansent sur les pans de sa biblioth\u00e8que.<\/p>\n<p>Et sa nudit\u00e9, \u00e0 Harpo, prend tout son sens derri\u00e8re le tapis aux lions. Parce qu\u2019elle vous re\u00e7oit nue, un peu comme on d\u00e9clare la guerre \u00e0 Dieu. Une enveloppe bulle, sa chair qui se r\u00e9pand, fi\u00e8re, g\u00e9n\u00e9reuse, matelass\u00e9e d\u2019une ob\u00e9sit\u00e9 \u00e9tonnamment belle qu\u2019elle entend exposer cr\u00fbment. Le gouffre, la col\u00e8re, elle en sait un rayon, au point bien s\u00fbr, d\u2019en \u00eatre illumin\u00e9e.<\/p>\n<p>De ce double genre, Harpo, dont l\u2019\u00e9nergie d\u00e9mente investie chaque recoin de l\u2019ambivalence, tout comme du deuil na\u00eet ardente, l\u2019exigence charnelle de faire l\u2019amour encore et encore.<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\">&#8211; Hum\u2026 Une qu\u00eate de puret\u00e9 ou de v\u00e9rit\u00e9 ? Demande-je, sans trop savoir pourquoi, puisque de cet air l\u00e0, je connais la cadence.<\/p>\n<p>Et d\u2019ailleurs Harpo me sourit, et dans celui que je lui rends, se trouve le point de rencontre entre la forme et le fond.<\/p>\n<p>Ce fameux point \u00e0 l\u2019horizon, l\u00e0, en sonde. Je soupire, soudain \u00e9cras\u00e9e du combat gargantuesque que ni elle, ni moi, n\u2019avons choisi, mais dont je crois, nous sommes fi\u00e8res, parce que nous l\u2019honorons, jour apr\u00e8s jour, fid\u00e8les \u00e0 l\u2019entreprise de d\u00e9molition et de construction qu\u2019est la vie.<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\">&#8211; Ouhhhh ! Toi, t\u2019es en train de te faire avoir par ces trous du cul de sophistes ! Me balance-t-elle soudain, notre amiti\u00e9 \u00e0 livre ouvert.<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\">&#8211; Et bien\u2026 O\u00f9 commence et o\u00f9 finit la responsabilit\u00e9 de l\u2019artiste ? Le pas entre son besoin visc\u00e9ral, \u00e9go\u00efste de cr\u00e9er et le sacrifice de son \u00eatre \u00e0 une \u0153uvre g\u00e9n\u00e9reuse et utile \u00e0 l\u2019humanit\u00e9\u2026 Et par quoi cela passe-t-il ?<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\">&#8211; Tu sais ce que disait Gautier ?&#8230; Il avan\u00e7ait que tout ce qui est utile est laid et que le vraiment beau \u00e9tait ce qui ne pouvait servir \u00e0 rien\u2026<\/p>\n<p>Soudain une immense tristesse m\u2019envahit et c\u2019est tout mon visage qui d\u00e9gouline sur mon id\u00e9alisme.<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\">&#8211; Merde Harpo ! \u00e7a c\u2019est ma conception de l\u2019amour, pas de l\u2019art !<\/p>\n<p>La mine d\u2019Harpo se d\u00e9compose, ses sourcils se froncent jusqu\u2019\u00e0 n\u2019en \u00eatre plus qu\u2019un et c\u2019est un tremblement de rage feint qui s\u2019en empare.<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\">&#8211; Alors tu vas me faire le plaisir de cesser imm\u00e9diatement ! Donner sans rien attendre, c\u2019est \u00e7a ?! Le c\u00f4t\u00e9 S\u0153ur Emmanuelle, \u00e7a commence \u00e0 bien faire ! Alors quoi ? L\u2019amour perdrait de son intensit\u00e9 parce qu\u2019il r\u00e9pondrait au besoin de se sentir vibrer dans le retour de l\u2019autre ?! Mais l\u2019amour est utile, ma belle ! Cesse d\u2019aimer les hommes comme une m\u00e8re nature, bon sang ! Comment peut-on \u00eatre aussi exigeante et ne rien exiger des hommes enfin ?!<\/p>\n<p>La vieille dame et l\u2019enfant opinent d\u2019un seul chef, applaudissant Harpo avec une vitalit\u00e9 \u00e9tonnante.<\/p>\n<p>Dieu que je l\u2019aime, Harpo&nbsp;! Elle s\u2019\u00e9tait mise \u00e0 la table des g\u00e9ants \u00e0 quatre ans, d\u00e9vorant la g\u00e9opolitique, les cassoulets, l\u2019histoire, l\u2019alcool, l\u2019art, les sadiques, les couscous, la litt\u00e9rature, les masochistes, la philosophie, les sangliers, l\u2019architecture, les drogues, la m\u00e9canique quantique, les voyages, la musique, les f\u00e9tichistes, l\u2019anthropologie, les partouzes, la ph\u00e9nom\u00e9nologie, les r\u00e9gimes, les sciences\u2026 Et elle avait vomi une encyclop\u00e9die.<\/p>\n<p>Et aujourd\u2019hui, elle vous recevait nue, s\u2019affichant comme une performance, poussant l\u2019art actuel dans ses retranchements. Parce qu\u2019il \u00e9tait \u00e0 l\u2019image des hommes, de l\u2019\u00e9poque et du globe. Etriqu\u00e9. Pourrissant. Si la terre avait fait cent fois sa taille, alors peut-\u00eatre qu\u2019Harpo se serait rhabill\u00e9e. Pourtant, elle n\u2019en voulait \u00e0 personne, sa g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 le lui interdisait et je n\u2019aurais su dire \u00e0 quel point elle se d\u00e9testait ni \u00e0 quel point elle s\u2019aimait.<\/p>\n<p>Une \u0153uvre d\u2019art, Harpo, l\u00e0 o\u00f9 tout se rejoint. Et \u00e0 la voir ainsi, je reste \u00e9tonn\u00e9e de moi-m\u00eame, l\u00e9g\u00e8re, engourdie et humaine. Mes mains. Je les d\u00e9roule devant moi en \u00e9tirant mon bras au maximum. Stri\u00e9 et fl\u00e9tri \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur. Fresque \u00e9pique d\u2019une d\u00e9licatesse qui imprime le corps \u00e0 bras le monde jusqu\u2019\u00e0 se faire la peau.<\/p>\n<p>L\u2019aimer ce corps recompos\u00e9, presque miraculeux, qui n\u2019aura que peu go\u00fbter au repos des jeunes filles en fleurs. Elle me voit faire, Harpo. Et un \u00e9clair de culpabilit\u00e9 me traverse parce qu\u2019il faut \u00eatre une sacr\u00e9e pute perverse pour \u00e9taler le sentiment de devoir se brader quand j\u2019avais r\u00e9ussi l\u00e0 o\u00f9 elle avait \u00e9chou\u00e9. L\u2019ob\u00e9sit\u00e9, on l\u2019avait partag\u00e9 \u00e0 la l\u00e9gion, au point d\u2019ailleurs d\u2019\u00eatre confondues en une. Notre prof de terminal s\u2019\u00e9tait senti un peu con quand m\u2019appelant Harpo, je lui avais dit que pour un prof de philo, ne pas faire la diff\u00e9rence entre deux grosses, relevait de l\u2019incomp\u00e9tence. Aujourd\u2019hui, nul ne pouvait imaginer que j\u2019avais fait quarante kilos de plus, malgr\u00e9 les stigmates et la couture de mes seins.<\/p>\n<p>Harpo avait go\u00fbt\u00e9 \u00e0 toutes les interventions chirurgicales possibles, fait du yoyo son dada et de son corps un objet sexuel pour pervers en tous genre. A la fois sensuelle et technique, maternelle et lubrique, en qu\u00eate de d\u00e9sir et d\u2019an\u00e9antissement, elle s\u2019\u00e9tait avilie par puret\u00e9, comprenant je crois, plus que quiconque les hommes. Et elle vous recevait \u00e0 poil dans son salon parce qu\u2019enfin elle avait r\u00e9ussi l\u00e0 o\u00f9 j\u2019avais \u00e9chou\u00e9. Parce qu\u2019elle l\u2019aimait son corps, exactement tel qu\u2019il \u00e9tait.<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\">&#8211; C\u2019est la vie, ma belle\u2026 Me dit-elle. Et les hommes ne te verront jamais comme tu te vois\u2026 Et l\u2019amour ne repose pas sur des complexes ou sur l\u2019envie de voir l\u2019esp\u00e8ce masculine prendre ses responsabilit\u00e9s\u2026<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\">&#8211; Et le sens de l\u2019esth\u00e9tisme ?&#8230;<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\">&#8211; Tu sais ! Suffit que leur m\u00e8re ait des cuisses gondol\u00e9es pour qu\u2019ils trouvent \u00e7a d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment sublime ! Souviens-toi de Descartes et de son irr\u00e9sistible attirance pour les filles qui louchaient !<\/p>\n<p>Et le rire d\u2019Harpo \u00e9clate encore.<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\">&#8211; Mouais\u2026 Tout n\u2019est qu\u2019histoire de d\u00e9terminisme et de concessions\u2026 De soi \u00e0 soi et de soi \u00e0 l\u2019autre\u2026 Enonce-je, un peu blas\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\">&#8211; Et bah pourquoi cette t\u00eate ? C\u2019est formidable ! Selon Alain, le d\u00e9terminisme est \u00e0 la libert\u00e9 ce que l\u2019eau est au nageur\u2026 Tu comprends, ce n\u2019est rien d\u2019autre qu\u2019un bassin de possibilit\u00e9s dans lequel tu choisis ta fa\u00e7on d\u2019avancer\u2026 Press\u00e9e, en forme, des poissons \u00e0 voir, un courant chaud \u00e0 droite, t\u2019as un peu froid, t\u2019y vas au crawl. Tu croises Ath\u00e9na au milieu du clapot, tu conc\u00e8des le crawl \u00e0 la brasse pour faire un bout de nage avec elle\u2026 Terrible la concession ! Mortelle ! Le d\u00e9terminisme n\u2019a rien de r\u00e9ducteur, bon sang ! Il n\u2019entame pas ta libert\u00e9, il cr\u00e9e simplement l\u2019espace dans laquelle elle peut s\u2019\u00e9panouir ! Descartes a eu tord de vouloir vaincre cette inclination\u2026 Le hasard lui avait offert en premier amour une fille louche \u2026 Et alors ? C\u2019\u00e9tait un ingrat\u2026 Un flipp\u00e9 de l\u2019illusion des affects ! T\u2019as pas d\u00e9pass\u00e9 \u00e7a ? Il est o\u00f9 le probl\u00e8me ?<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\">&#8211; La faute \u00e0 Picasso\u2026 Comment peut-on \u00eatre un artiste de g\u00e9nie et le plus grand des salopards dans sa vie personnelle ?<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\">&#8211; Et bien peut-\u00eatre justement parce que c\u2019\u00e9tait un g\u00e9nie de la peinture et non des relations humaines\u2026 Qui s\u2019appuie sur l\u2019art pour devenir quelqu\u2019un de meilleur ?<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\">&#8211; Mais enfin tout le monde, non ?! Son but n\u2019est-il pas une prise de conscience, un langage des sens qui permet de moins subir ? L\u2019expression canalis\u00e9e de l\u2019homme, son miroir sorti du quotidien pour qu\u2019enfin il s\u2019imprime et se perde un peu moins ?! Merde ! Si l\u2019art ne tend pas vers un certain art de vivre, alors\u2026 Alors\u2026 Il n\u2019est plus que consommation ! Et pour les plus favoris\u00e9s en plus ! Tous ces connards qui connaissent tout sur tout sans jamais rien reconna\u00eetre dans leurs tripes ! Sans jamais que l\u2019art joue son putain de r\u00f4le ! Merde Harpo ! Merde ! Ils vont voir expos sur expos et continuent de brasser du vent en s\u2019\u00e9coutant chanter, la rh\u00e9torique parfaitement calibr\u00e9e ! Quel artiste cr\u00e9e pour ces esquimaux, \u00e0 part Picasso qui s\u2019en est foutu plein les poches ?!<\/p>\n<p>Et la bouche d\u2019Harpo se fend d\u2019une satisfaction claironnante, tout en bourrant sa pipe.<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\">&#8211; Et bah voil\u00e0, ma belle, la question de la responsabilit\u00e9 anti-sophiste r\u00e9gl\u00e9e ! Seulement m\u00e9fie-toi de ne pas tout confondre. L\u2019art s\u2019enrichie de l\u2019art. Et la vie, dieu merci, s\u2019en d\u00e9tache autant qu\u2019elle s\u2019y appuie\u2026 Je n\u2019ai encore jamais crois\u00e9 de Venus de Milo \u00e0 la boulangerie\u2026<\/p>\n<p>Une odeur patriarcale envahie son salon, le cuir de mon fauteuil club. Et un silence de connivence s\u2019installe, paisible, l\u00e9ger. C\u2019est vrai qu\u2019il y avait dans Eros, une justification de la valeur de soi quelque peu d\u00e9routante quand Agap\u00e8 pr\u00e9munissait contre l\u2019aspect \u00e9go\u00efste et utile de tout amour.<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\">&#8211; Harpo\u2026 T\u2019as d\u00e9j\u00e0 couch\u00e9 avec le gitan des mers ?<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\">&#8211; Bien s\u00fbr ma belle ! Les hommes faciles, tout le monde couche avec !<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\">&#8211; Qu\u2019est-ce que t\u2019appelles un homme facile ? M\u2019insurge-je, soudain piqu\u00e9e de jalousie et de d\u00e9ception.<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\">&#8211; Qui choisit toujours la facilit\u00e9\u2026 Pourquoi ?<\/p>\n<p>La bouche, les yeux, les mains d\u2019Harpo absorb\u00e9s par sa pipe se suspendent, pris d\u2019un \u00e9clair de compr\u00e9hension, et c\u2019est tout son \u00eatre qui se tourne vers moi d\u2019effroi.<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\">&#8211; Oh non ! Ne me dis pas que\u2026 Ce n\u2019est qu\u2019une brindille dans le vent ! Un concept de fuite ! Il a le c\u0153ur qui fait gling gling comme un hochet d\u2019enfant !<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\">&#8211; Oui bah au moins il l\u2019assume ! On ne peut pas en dire autant des autres hommes !<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\">&#8211; Il assume comme s\u2019assume Dom Juan ! Il confond amour et excitation ! Couple et enterrement ! Il n\u2019a que la faiblesse de ses d\u00e9sirs\u2026 Comment est-ce possible que tu\u2026<\/p>\n<p>Harpo se l\u00e8ve, ouvre une petite bo\u00eete situ\u00e9e sur son \u00e9tag\u00e8re et en sort un pendule. Se retournant vers moi, elle m\u2019indique le divan install\u00e9 \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de mon fauteuil club.<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\">&#8211; Tr\u00e8s ch\u00e8re\u2026 Il est temps de vous allonger, je crois\u2026<\/p>\n<p>Hypnotiseuse \u00e0 ses heures, Harpo. Et \u00e0 bien y r\u00e9fl\u00e9chir, je me demande si je ne sortais pas de chez elle le jour de l\u2019orage.<\/p>\n<p>Je m\u2019allonge sans la moindre h\u00e9sitation quand il lui avait fallu des heures d\u2019argumentation la premi\u00e8re fois, il y a quatre ans. Et tout en prenant place, je r\u00e9alise que je ne vole plus depuis longtemps, que mes fantasmes de viol ont disparu, que l\u2019hyper vigilante est devenue totalement \u00e0 l\u2019ouest et ma d\u00e9marche, f\u00e9line. Install\u00e9e pr\u00e8s de moi, sa main derri\u00e8re ma nuque, l\u2019autre balan\u00e7ant le pendule, sa voix op\u00e8re le d\u00e9compte et mes yeux se font lourds, lourds, lourds\u2026<\/p>\n<p>Je me retrouve \u00e0 Fouras ou ce qui devrait l\u2019\u00eatre. Il fait nuit. Ma famille Cando est l\u00e0, mon cousin, gitan fourasin dont le pr\u00e9nom est celui de mon p\u00e8re, porte l\u00e0, celui du gitan des mers. Un lac. Un accident de scooter des mers. Mon cousin de gitan fourasin dans le coma. Sa s\u0153ur, fra\u00eeche et p\u00e9tillante minette pleure sur l\u2019irresponsabilit\u00e9 de son fr\u00e8re, cette manie qu\u2019il a toujours eu de ne pas vouloir grandir, m\u00eame \u00e0 l\u2019aube de la cinquantaine. Mourir comme on a v\u00e9cu, dit-elle, l\u00e9ger, inconscient, son c\u0153ur accroch\u00e9 quelque part dans les jupes de sa m\u00e8re. Joueur. Pendant ses lamentations, son fr\u00e8re m\u2019appara\u00eet comme un corps en transparence, la projection de son \u00e2me peut-\u00eatre.<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\">&#8211; Je ne suis pas encore mort\u2026 Dis-lui de ne pas baisser les bras\u2026 J\u2019ai besoin qu\u2019elle y croit\u2026<\/p>\n<p>Me retournant vers la famille en pleurs, je leur annonce la bonne nouvelle.<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\">&#8211; Il est l\u00e0 ! Il veut changer, s\u2019en sortir ! Ne le d\u00e9branchez pas ! Il est l\u00e0 !<\/p>\n<p>Tous me regardent, courrouc\u00e9s, \u00e0 deux doigts de me foutre dehors. Pas de temps \u00e0 perdre avec mes hallucinations d\u00e9lirantes. Que je me r\u00e9veille enfin&nbsp;! Que je cesse de planer&nbsp;! Comme si son \u00e2me pouvait appara\u00eetre et vouloir changer&nbsp;! Dans ma t\u00eate, seulement dans ma t\u00eate&nbsp;! Et pourquoi m\u2019appara\u00eetrait-il \u00e0 moi&nbsp;?<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\">&#8211; Ne les \u00e9coute pas, je suis bien l\u00e0 ! Si tu refuses d\u2019y croire alors, l\u00e0, oui, je meurs\u2026<\/p>\n<p>Je reviens \u00e0 moi dans le salon d\u2019Harpo, un peu sonn\u00e9e, rassur\u00e9e que mon gitan de cousin ne soit pas vraiment mort. Harpo m\u2019observe, avide.<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\">&#8211; Alors ?<\/p>\n<p>Je me soul\u00e8ve p\u00e9niblement, mes yeux redevables de l\u2019atmosph\u00e8re fantastique du salon. La chandelle, les ombres, les livres, la nudit\u00e9 d\u2019Harpo. J\u2019ai soif, elle me tend la tasse de th\u00e9 au jasmin ti\u00e8de. J\u2019en bois une gorg\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\">&#8211; Alors\u2026 Je ne peux pas sauver mon p\u00e8re.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>IDENTIT\u00c9 Des gouttes donnent au carreau de ma roulotte un air sale. L\u2019opacit\u00e9 d\u2019octobre s\u2019inscrit au loin, promesse connue et tant redout\u00e9e de l\u2019hiver. Vide&nbsp;? Bient\u00f4t, la nuit, le froid, la nudit\u00e9 des branches &#8211; frileuse m\u00e9lancolie d\u2019une double \u00e9paisseur de chaussettes dans laquelle on ne veut pas entrer. Novembre surtout, la floraison qui pique &hellip; <a href=\"https:\/\/elisabethfouche.com\/index.php\/2017\/02\/11\/roman\/\" class=\"more-link\">Continuer la lecture de <span class=\"screen-reader-text\">Vertige d&rsquo;un intestin en fleur<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[9],"tags":[19],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v18.3 - https:\/\/yoast.com\/wordpress\/plugins\/seo\/ -->\n<title>Vertige d&#039;un intestin en fleur - Elisabeth Fouch\u00e9<\/title>\n<meta name=\"description\" content=\"Extraits du roman surr\u00e9aliste Vertige d&#039;un intestin en fleur surfant entre r\u00eave et r\u00e9alit\u00e9, qu\u00eate et enqu\u00eate, folie et conscience, onirisme et destruction\" \/>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/elisabethfouche.com\/index.php\/2017\/02\/11\/roman\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Vertige d&#039;un intestin en fleur - Elisabeth Fouch\u00e9\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"Extraits du roman surr\u00e9aliste Vertige d&#039;un intestin en fleur surfant entre r\u00eave et r\u00e9alit\u00e9, qu\u00eate et enqu\u00eate, folie et conscience, onirisme et destruction\" \/>\n<meta property=\"og:url\" content=\"https:\/\/elisabethfouche.com\/index.php\/2017\/02\/11\/roman\/\" \/>\n<meta property=\"og:site_name\" content=\"Elisabeth Fouch\u00e9\" \/>\n<meta property=\"article:publisher\" content=\"https:\/\/www.facebook.com\/elisabeth.fouche\" \/>\n<meta property=\"article:published_time\" content=\"2017-02-11T22:02:19+00:00\" \/>\n<meta property=\"article:modified_time\" content=\"2022-03-18T09:41:46+00:00\" \/>\n<meta name=\"twitter:card\" content=\"summary\" \/>\n<meta name=\"twitter:label1\" content=\"\u00c9crit par\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data1\" content=\"Elisabeth FOUCH\u00c9\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:label2\" content=\"Dur\u00e9e de lecture estim\u00e9e\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data2\" content=\"19 minutes\" \/>\n<script type=\"application\/ld+json\" class=\"yoast-schema-graph\">{\"@context\":\"https:\/\/schema.org\",\"@graph\":[{\"@type\":\"WebSite\",\"@id\":\"https:\/\/elisabethfouche.com\/#website\",\"url\":\"https:\/\/elisabethfouche.com\/\",\"name\":\"Elisabeth Fouch\u00e9\",\"description\":\"\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"SearchAction\",\"target\":{\"@type\":\"EntryPoint\",\"urlTemplate\":\"https:\/\/elisabethfouche.com\/?s={search_term_string}\"},\"query-input\":\"required name=search_term_string\"}],\"inLanguage\":\"fr-FR\"},{\"@type\":\"WebPage\",\"@id\":\"https:\/\/elisabethfouche.com\/index.php\/2017\/02\/11\/roman\/#webpage\",\"url\":\"https:\/\/elisabethfouche.com\/index.php\/2017\/02\/11\/roman\/\",\"name\":\"Vertige d'un intestin en fleur - Elisabeth Fouch\u00e9\",\"isPartOf\":{\"@id\":\"https:\/\/elisabethfouche.com\/#website\"},\"datePublished\":\"2017-02-11T22:02:19+00:00\",\"dateModified\":\"2022-03-18T09:41:46+00:00\",\"author\":{\"@id\":\"https:\/\/elisabethfouche.com\/#\/schema\/person\/c00c226638a42066c00e74906f4a81d6\"},\"description\":\"Extraits du roman surr\u00e9aliste Vertige d'un intestin en fleur surfant entre r\u00eave et r\u00e9alit\u00e9, qu\u00eate et enqu\u00eate, folie et conscience, onirisme et destruction\",\"breadcrumb\":{\"@id\":\"https:\/\/elisabethfouche.com\/index.php\/2017\/02\/11\/roman\/#breadcrumb\"},\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"ReadAction\",\"target\":[\"https:\/\/elisabethfouche.com\/index.php\/2017\/02\/11\/roman\/\"]}]},{\"@type\":\"BreadcrumbList\",\"@id\":\"https:\/\/elisabethfouche.com\/index.php\/2017\/02\/11\/roman\/#breadcrumb\",\"itemListElement\":[{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":1,\"name\":\"Accueil\",\"item\":\"https:\/\/elisabethfouche.com\/\"},{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":2,\"name\":\"Vertige d&rsquo;un intestin en fleur\"}]},{\"@type\":\"Person\",\"@id\":\"https:\/\/elisabethfouche.com\/#\/schema\/person\/c00c226638a42066c00e74906f4a81d6\",\"name\":\"Elisabeth FOUCH\u00c9\",\"image\":{\"@type\":\"ImageObject\",\"@id\":\"https:\/\/elisabethfouche.com\/#personlogo\",\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"url\":\"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/f1c66f643dcfb0400efbd0c2a639bf62?s=96&d=mm&r=g\",\"contentUrl\":\"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/f1c66f643dcfb0400efbd0c2a639bf62?s=96&d=mm&r=g\",\"caption\":\"Elisabeth FOUCH\u00c9\"},\"sameAs\":[\"http:\/\/elisabethfouche.com\"]}]}<\/script>\n<!-- \/ Yoast SEO plugin. -->","yoast_head_json":{"title":"Vertige d'un intestin en fleur - Elisabeth Fouch\u00e9","description":"Extraits du roman surr\u00e9aliste Vertige d'un intestin en fleur surfant entre r\u00eave et r\u00e9alit\u00e9, qu\u00eate et enqu\u00eate, folie et conscience, onirisme et destruction","robots":{"index":"index","follow":"follow","max-snippet":"max-snippet:-1","max-image-preview":"max-image-preview:large","max-video-preview":"max-video-preview:-1"},"canonical":"https:\/\/elisabethfouche.com\/index.php\/2017\/02\/11\/roman\/","og_locale":"fr_FR","og_type":"article","og_title":"Vertige d'un intestin en fleur - Elisabeth Fouch\u00e9","og_description":"Extraits du roman surr\u00e9aliste Vertige d'un intestin en fleur surfant entre r\u00eave et r\u00e9alit\u00e9, qu\u00eate et enqu\u00eate, folie et conscience, onirisme et destruction","og_url":"https:\/\/elisabethfouche.com\/index.php\/2017\/02\/11\/roman\/","og_site_name":"Elisabeth Fouch\u00e9","article_publisher":"https:\/\/www.facebook.com\/elisabeth.fouche","article_published_time":"2017-02-11T22:02:19+00:00","article_modified_time":"2022-03-18T09:41:46+00:00","twitter_card":"summary","twitter_misc":{"\u00c9crit par":"Elisabeth FOUCH\u00c9","Dur\u00e9e de lecture estim\u00e9e":"19 minutes"},"schema":{"@context":"https:\/\/schema.org","@graph":[{"@type":"WebSite","@id":"https:\/\/elisabethfouche.com\/#website","url":"https:\/\/elisabethfouche.com\/","name":"Elisabeth Fouch\u00e9","description":"","potentialAction":[{"@type":"SearchAction","target":{"@type":"EntryPoint","urlTemplate":"https:\/\/elisabethfouche.com\/?s={search_term_string}"},"query-input":"required name=search_term_string"}],"inLanguage":"fr-FR"},{"@type":"WebPage","@id":"https:\/\/elisabethfouche.com\/index.php\/2017\/02\/11\/roman\/#webpage","url":"https:\/\/elisabethfouche.com\/index.php\/2017\/02\/11\/roman\/","name":"Vertige d'un intestin en fleur - Elisabeth Fouch\u00e9","isPartOf":{"@id":"https:\/\/elisabethfouche.com\/#website"},"datePublished":"2017-02-11T22:02:19+00:00","dateModified":"2022-03-18T09:41:46+00:00","author":{"@id":"https:\/\/elisabethfouche.com\/#\/schema\/person\/c00c226638a42066c00e74906f4a81d6"},"description":"Extraits du roman surr\u00e9aliste Vertige d'un intestin en fleur surfant entre r\u00eave et r\u00e9alit\u00e9, qu\u00eate et enqu\u00eate, folie et conscience, onirisme et destruction","breadcrumb":{"@id":"https:\/\/elisabethfouche.com\/index.php\/2017\/02\/11\/roman\/#breadcrumb"},"inLanguage":"fr-FR","potentialAction":[{"@type":"ReadAction","target":["https:\/\/elisabethfouche.com\/index.php\/2017\/02\/11\/roman\/"]}]},{"@type":"BreadcrumbList","@id":"https:\/\/elisabethfouche.com\/index.php\/2017\/02\/11\/roman\/#breadcrumb","itemListElement":[{"@type":"ListItem","position":1,"name":"Accueil","item":"https:\/\/elisabethfouche.com\/"},{"@type":"ListItem","position":2,"name":"Vertige d&rsquo;un intestin en fleur"}]},{"@type":"Person","@id":"https:\/\/elisabethfouche.com\/#\/schema\/person\/c00c226638a42066c00e74906f4a81d6","name":"Elisabeth FOUCH\u00c9","image":{"@type":"ImageObject","@id":"https:\/\/elisabethfouche.com\/#personlogo","inLanguage":"fr-FR","url":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/f1c66f643dcfb0400efbd0c2a639bf62?s=96&d=mm&r=g","contentUrl":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/f1c66f643dcfb0400efbd0c2a639bf62?s=96&d=mm&r=g","caption":"Elisabeth FOUCH\u00c9"},"sameAs":["http:\/\/elisabethfouche.com"]}]}},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/elisabethfouche.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/168"}],"collection":[{"href":"https:\/\/elisabethfouche.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/elisabethfouche.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/elisabethfouche.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/elisabethfouche.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=168"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/elisabethfouche.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/168\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1197,"href":"https:\/\/elisabethfouche.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/168\/revisions\/1197"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/elisabethfouche.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=168"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/elisabethfouche.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=168"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/elisabethfouche.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=168"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}