{"id":279,"date":"2017-02-16T12:51:08","date_gmt":"2017-02-16T11:51:08","guid":{"rendered":"http:\/\/elisabethfouche.com\/?p=279"},"modified":"2022-03-18T10:40:57","modified_gmt":"2022-03-18T09:40:57","slug":"lile-aux-dames","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/elisabethfouche.com\/index.php\/2017\/02\/16\/lile-aux-dames\/","title":{"rendered":"L&rsquo;\u00eele aux dames"},"content":{"rendered":"<p><strong>PAUL<\/strong><\/p>\n<p>&#8211; Pff\u2026 C\u2019est le temps\u2026 Un temps pareil en plein \u00e9t\u00e9, forc\u00e9ment \u00e7a ramollit les nerfs\u2026 \u00e7a vous fait une tension de barom\u00e8tre d\u00e9pressionnaire\u2026<br \/>\nJ\u2019observe Maurice, son regard tourn\u00e9 vers le feutr\u00e9 du large. Quel \u00e2ge peut-il avoir maintenant ce vieux de ma jeunesse quand d\u00e9j\u00e0 les ados de la maison me font d\u00e9gringoler les marches du pi\u00e9destal o\u00f9 ils m\u2019avaient mis enfants. Maurice, un corps trapu aux jambes arqu\u00e9es, une peau dense, basan\u00e9e et fl\u00e9trie comme une pomme de garde, puise l\u2019assentiment invisible que seul un vieux loup de mer est en droit de recevoir de l\u2019horizon.<\/p>\n<p>J\u2019observe Maurice parce qu\u2019il est un des derniers sp\u00e9cimens de sa g\u00e9n\u00e9ration et puis, sans doute aussi parce que je n\u2019ai rien \u00e0 dire. Parce que cette discussion tra\u00eene depuis trois semaines chaque jour avec chaque estivant et que ma foutue nature est du genre snobinard en ce qui concerne la culpabilit\u00e9 d\u00e9guis\u00e9e sous le bavardage.<br \/>\nCoupables, du bon c\u00f4t\u00e9 du monde, bien s\u00fbr. Des caprices climatiques, s\u00fbrement.<\/p>\n<p>Mais Maurice c\u2019est autre chose.<br \/>\nLes autres ressemblent aux autres. \u00c0 se retrouver chaque \u00e9t\u00e9 de g\u00e9n\u00e9rations en g\u00e9n\u00e9rations avec un plaisir commun de recommencer les m\u00eames activit\u00e9s, forc\u00e9ment, on finit par se ressembler.<br \/>\nSi seulement \u00e7a s\u2019arr\u00eatait l\u00e0.<br \/>\nSi seulement les autres d\u2019ici ne ressemblaient pas aux autres d\u2019ailleurs, une petite fiert\u00e9 chauvine se glisserait avec attendrissement dans ma contemplation et qui sait si cela ne ferait pas de moi quelqu\u2019un de meilleur.<\/p>\n<p>Maurice me d\u00e9visage.<br \/>\nJe ne sais depuis combien de temps il a d\u00e9laiss\u00e9 le large ni s\u2019il peut lire en moi avec autant de clairvoyance.<br \/>\nSans doute que oui puisque son absorption \u00e0 mon \u00e9gard est \u00e9gale, ponctu\u00e9e enfin par un large sourire partiellement \u00e9dent\u00e9 qui lui donne un air de jouvenceau ratatin\u00e9.<br \/>\n&#8211; Eh pourquoi que tu trouverais ici ce qui te manque chez toi, hein ? !<br \/>\n&#8211; Et pourquoi pas ? Lui r\u00e9ponds-je d\u2019un air las, comme un r\u00e9flexe d\u2019enfant, sans saisir r\u00e9ellement la question.<br \/>\nMaurice secoue lentement sa t\u00eate de gauche \u00e0 droite, hausse ses \u00e9paules dans un soupir de renoncement, le regard mi-piteux, mi-s\u00e9v\u00e8re me renvoyant \u00e0 la balle aux prisonniers de mes dix ans<br \/>\n&#8211; Pouah ! agite-t-il de la main avant de me planter l\u00e0.<br \/>\nUn peu surpris, et pas vraiment, mon regard suit vaguement le dos maigre s\u2019\u00e9loigner nonchalamment, \u00e0 peine chaloup\u00e9 par le contact de ses pieds nus sur les graviers de la promenade qui longe le front de mer.<\/p>\n<p>Les vacances.<br \/>\nSans doute aurais-je d\u00fb me barrer \u00e0 l\u2019autre bout du monde, me foutre la t\u00eate \u00e0 l\u2019envers, me donner l\u2019illusion d\u2019avoir fait un vrai break au lieu de revenir l\u00e0 chaque \u00e9t\u00e9 depuis quarante ans comme un con.<br \/>\nC\u2019est pire.<br \/>\nChaque fois, j\u2019ai l\u2019impression de rejouer un vieil air avec le m\u00eame espoir absurde d\u2019y retrouver les sensations de ses premi\u00e8res \u00e9coutes.<br \/>\nEt chaque fois m\u00eame rengaine. L\u2019usure.<br \/>\nM\u00eame la d\u00e9sillusion perd de son amertume.<br \/>\nVacances. Quand on a tout foir\u00e9, que la r\u00e9ussite des autres n\u2019\u00e9voque aucune envie, que la libert\u00e9 et le repos, on en jouit \u00e0 son aise tout au long de l\u2019ann\u00e9e, qu\u2019est-ce qu\u2019on en a \u00e0 foutre que la pluie vienne contrarier son petit mois d\u2019ao\u00fbt de bord de mer ?<\/p>\n<p>(\u2026)<\/p>\n<p><strong>H\u00c9L\u00c8NE<\/strong><\/p>\n<p>L\u2019\u00eatre humain pue dans l\u2019eau.<br \/>\nUne odeur carnassi\u00e8re aigre et \u00e2cre qui jure avec celle du fer oxyd\u00e9 de la vase.<br \/>\nIci, la mer est opaque.<br \/>\nChaque brasse remue \u00e0 l\u2019aveugle une mati\u00e8re blanch\u00e2tre, inqui\u00e9tante, pr\u00eate \u00e0 vous engloutir sans espoir de r\u00e9apparition.<br \/>\nPudique, cette mer. La baie lui conf\u00e8re ce caract\u00e8re doux et lact\u00e9 de celle qui cache ses habitants sous un air circonspect. Elle n\u2019a pas comme celle d\u2019Ol\u00e9ron, plus au large, l\u2019arrogance des grandes cr\u00eates de vagues bleues transparentes. Ce temp\u00e9rament puissant, rageur, de celui qu\u2019on h\u00e9lerait instantan\u00e9ment oc\u00e9an.<br \/>\nNon, ma mer, cette masse onduleuse marronnasse m\u2019enduit d\u2019humilit\u00e9 et me berce en son ventre \u00e0 chacun de mes passages.<\/p>\n<p>Chaque jour, munie de mes palmes \u00e0 l\u2019heure pleine de mar\u00e9e, j\u2019y entre d\u2019une traite, poings et dents serr\u00e9s, cerveau en veille, combattant la fra\u00eecheur rebutante par la m\u00e9thode automate.<br \/>\nEt me voil\u00e0, en moins de vingt secondes, glissant au large en un crawl endiabl\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 mon point de d\u00e9part, une des bou\u00e9es jaunes du chenal.<\/p>\n<p>D\u00e9j\u00e0 plus r\u00e9chauff\u00e9e, j\u2019entame mon heure quotidienne de natation \u00e0 coups de huit longueurs de plage.<br \/>\nPeu nagent d\u2019un bout \u00e0 l\u2019autre de cette fa\u00e7on. Les gens pr\u00e9f\u00e8rent s\u2019enfoncer vers l\u2019horizon, souvent jusqu\u2019aux pontons amarr\u00e9s de chaque c\u00f4t\u00e9 de l\u2019anse. Ils y grimpent, s\u2019y arr\u00eatent, y bronzent ou s\u2019y enduisent de vase puis plongent pour revenir au rivage.<br \/>\nP\u00e9rim\u00e8tres assommants qui me voient passer du dos papillon au crawl pour moins de collision.<br \/>\nMa perpendiculaire. Voil\u00e0 ce qu\u2019ils me sont.<br \/>\nUne perpendiculaire f\u00e9tide qui suinte l\u2019huile en surface par nappes chatoyantes. Je ralentis, les laisse passer mollement puis d\u00e9gage le plus vite possible en allongeant chacun de mes mouvements.<\/p>\n<p>Une fois mon souffle trouv\u00e9, je m\u2019efface au fur et \u00e0 mesure, la mer me porte et j\u2019entre en elle. Je ne suis plus moi, ni autre, m\u00eame plus un homme, \u00e0 peine une femme.<br \/>\nUne habitante presque nue, flottante, intrusive, animale et marine, des \u00e9cailles plein la peau et un d\u00e9tecteur de viande fra\u00eeche en guise d\u2019odorat.<br \/>\nGuid\u00e9e par lui seul lorsque loin des deux pontons, en p\u00e9rim\u00e8tre peinard, je m\u2019abandonne au dos papillon.<\/p>\n<p>Mon corps ondule des palmes \u00e0 la t\u00eate, tordant mes abdos, jetant dos et bras en arri\u00e8re pour que renaisse l\u2019impulsion de mes palmes vers ma t\u00eate comme une aula maritime personnelle. Ode \u00e0 toi, Yemanja ! D\u00e9esse mer ! Une pluie d\u2019applaudissements que nos \u00e9claboussures \u00e0 chacun de mes abandons !<br \/>\nDes confettis de perles \u00e9tincellent par-dessus mes paupi\u00e8res avec pour complice, le ciel, prolongement a\u00e9rien et serein de la mati\u00e8re tendre et fluide.<br \/>\nQue la terre et le feu s\u2019embrasent, vous, vous \u00eates dans l\u2019aveu d\u2019un secret qu\u2019on p\u00e9n\u00e8tre.<br \/>\nEt puis soudain, l\u2019odeur !<br \/>\nChambre froide de la boucherie Bicho ! Offense \u00e0 mes branchies d\u00e9licates !<br \/>\nPanneau imaginaire de signalisation STOP !<br \/>\nMammif\u00e8re humain de sexe masculin \u00e0 deux brasses Nord ! Risque d\u2019impact ! STOP ! Immobilisation ! Position verticale !<br \/>\nMonsieur dos crawl\u00e9 en perpendiculaire droite passe son chemin sur le dos sans m\u00eame me remarquer. Pouah ! D\u00e9j\u00e0 plus tol\u00e9rable qu\u2019un mammif\u00e8re humain de sexe f\u00e9minin.<\/p>\n<p>En repassant sur le ventre en crawl, je m\u2019interroge s\u00e9rieusement sur cette habitude qu\u2019ont ces dames de se vaporiser pour venir \u00e0 la plage. Si seulement elles savaient \u00e0 quel point leur odeur m\u00eal\u00e9e \u00e0 celle de l\u2019argile invite \u00e0 la naus\u00e9e ! Des bribes, soudain, de mondanit\u00e9s parisiennes d\u00e9filent sous mon front, importunes.<br \/>\nPetites jouissances d\u2019achats de grandes vitrines.<br \/>\nPeines perdues aux miroirs sous les masques d\u2019\u00e9ternelle jeunesse, fig\u00e9s et calibr\u00e9s par la plus infantile des dictatures. Marquer son temps sans qu\u2019il nous remarque pour finir en clich\u00e9 \u201cunique\u201d<br \/>\nAubes ruin\u00e9es au Ruinart avec, dans le retour en taxi, la satisfaction d\u2019avoir \u00e9t\u00e9 une des bougies du gratin, sans voir les flaques de cire sur le tapis du carrosse.<br \/>\nCocottes Chanel au th\u00e9\u00e2tre du Ch\u00e2telet \u00e0 la mise en sc\u00e8ne \u201cdivinement subversive\u201d tellement moins, cependant, que les efforts de dissimulation du d\u00e9sespoir qui suit les contes d\u2019antan bredouilles.<br \/>\nD\u00e9bats sans faim des vernissages. Et sous les loups des avis boulimiques, de leurs gerbes esth\u00e9tico-intellectuelles, l\u2019anorexie d\u2019un \u00e9cho potentiel \u00e0 son propre univers. Mais que pourrait-il \u00eatre, cet univers, lav\u00e9 des traits si laborieusement esquiss\u00e9s pour s\u2019affranchir homme moderne \u00e0 la pointe de\u2026 ?<br \/>\nQue ne leur jetterais-je la pierre, elle me ricocherait dans l\u2019\u0153il en quelques bons. Mais apr\u00e8s tant d\u2019application \u2013 comme autant de coups de coals dans l\u2019eau- qu\u2019une seule envie. V\u00e9g\u00e9ter dans sa poisse des jours durant, avec pour seul bain quotidien celui d\u2019une mer vaseuse, soupline naturelle du cuir corporel.<br \/>\nPar\u00e9o de journ\u00e9e.<br \/>\nSarouel du soir.<br \/>\nLe cheveu coagul\u00e9.<br \/>\nEt la transformation progressive de la poule en morue. Qu\u2019on est bien quand on baigne dans le silence de son jus, loin des caqu\u00e8tements \u00e0 plumes !<br \/>\nEt quand le formidable se mue en informel pour finir informe, laissant pantois les vacanciers\u2026 STOP !<br \/>\nPoularde avari\u00e9e de la boucherie Bicho, trois brasses sud ! Immobilisation ! Position verticale !<br \/>\nMadame brushing impeccable, rouge \u00e0 l\u00e8vres Guerlain, en perpendiculaire gauche, brasse, nuque rigide, avec un air de pince \u00e0 crabe. Pouah !<\/p>\n<p>(\u2026)<\/p>\n<p><strong>L\u2019ILE AUX DAMES<\/strong><\/p>\n<p>H\u00e9l\u00e8ne d\u00e9barqua aux dames vers quinze heures sans savoir ce qui l\u2019y conduisait pr\u00e9cis\u00e9ment. L\u2019id\u00e9e de Paul l\u2019encombrait et elle se concentra sur celle de la d\u00e9su\u00e9tude.<br \/>\nL\u2019\u00eele recelait ce charme myst\u00e9rieux, imbroglio d\u2019histoires et de sites naturels. Nul n\u2019ignorait la l\u00e9gende sulfureuse des prostitu\u00e9s, leur destin tragique. Durant la haute saison, on pouvait d\u00e9sormais, aux heures ouvrables, visiter quelques bordels clandestins restaur\u00e9s.<br \/>\nD\u2019autres parcours menaient aux forts, remparts, douves et poudri\u00e8res, dress\u00e9s, plus solennels aux quatre coins de l\u2019\u00eele.<\/p>\n<p>H\u00e9l\u00e8ne fl\u00e2na un peu dans le bourg aux rues pav\u00e9es, aux maisons basses, leurs volets color\u00e9s, leurs toits de vieilles briques mouchet\u00e9es.<br \/>\nDes roses tr\u00e9mi\u00e8res fray\u00e9es \u00e0 travers les pierres, diverses et align\u00e9es.<br \/>\nUn v\u00e9lo pour trois semis.<br \/>\nUne remorque pour trois v\u00e9los. Pas de voiture, quelques cal\u00e8ches \u00e0 touristes sur l\u2019esplanade, et sous les sabots des chevaux, entre les dalles, des touffes d\u2019herbes folles.<\/p>\n<p>H\u00e9l\u00e8ne passa d\u2019une \u00e9choppe \u00e0 l\u2019autre. Mat\u00e9riel de p\u00eache, plats en terre cuite, gu\u00eapi\u00e8res, graines de roses tr\u00e9mi\u00e8res, fleur de sel, attrapes r\u00eaves, soieries, luths et fl\u00fbtes de pan, canotiers, canons c\u00f4tiers miniatures, antiquit\u00e9s marines\u2026<br \/>\nL\u2019histoire de l\u2019\u00eele, compress\u00e9e, l\u00e0.<br \/>\nUne galerie de coquillages fermait l\u2019all\u00e9e commer\u00e7ante \u00e0 gauche, un prieur\u00e9 moyen\u00e2geux \u00e0 droite.<br \/>\nApr\u00e8s le bourg, H\u00e9l\u00e8ne traversa une porte \u00e0 pont-levis et d\u00e9boula sur une vaste plaine quadrill\u00e9e de marais salants, c\u00f4t\u00e9 mer.<br \/>\nDe l\u2019autre, un \u00e2ne broutait la lande en bordure d\u2019un \u00e9cran champ\u00eatre de hautes foug\u00e8res, ronces, lauriers, bignones et ch\u00e8vrefeuilles enlac\u00e9s, laissant \u00e0 peine appara\u00eetre le sentier qui menait aux champs.<br \/>\nAu bout de la plaine, un sous-bois de pins, leur fra\u00eecheur r\u00e9sineuse, leur odeur poivr\u00e9e, tonique, collante, indissociable de celle du large.<br \/>\nQuelques parcs \u00e0 hu\u00eetres entre pins et plage. Et le chemin c\u00f4tier, tournant pour dispara\u00eetre dans la pointe d\u2019une falaise.<br \/>\nH\u00e9l\u00e8ne l\u2019emprunta en pensant au village colonial br\u00e9silien de Parati, aux plaines d\u2019Irlande, \u00e0 la for\u00eat de Fontainebleau, aux falaises de Capri et aux criques de Corse. Autant de paysages compris dans une \u00eele dont on faisait le tour en une journ\u00e9e. Les dames avaient tout compris. Le m\u00e9tissage ici, affaire de nature.<br \/>\nH\u00e9l\u00e8ne avait nag\u00e9 le matin, des images de Paul et Jules, enfants, dansant sous les vagues.<br \/>\nEt elle s\u2019\u00e9tait lav\u00e9e, parfum\u00e9e, v\u00eatue d\u2019une robe \u00e0 fleurs. Juste pour la d\u00e9su\u00e9tude.<\/p>\n<p>En descendant le sentier de la vieille bicoque, les coups de marteaux retentirent au bout du ponton. Nulle trace de Maurice. Ni au jardin, ni dans la maison.<br \/>\nH\u00e9l\u00e8ne h\u00e9sita puis d\u00e9cida de l\u2019attendre dans le hamac tendu dans un coin.<br \/>\nLes coups de marteau cess\u00e8rent et Paul apparut quelques minutes plus tard, torse nu, traversant le jardin sans voir la jeune femme.<br \/>\nIl entra dans la maison basse par la cuisine, sifflotant un air qu\u2019H\u00e9l\u00e8ne connaissait sans parvenir \u00e0 mettre un nom dessus.<br \/>\nSaisie d\u2019appr\u00e9hension, elle se recroquevilla et voyant Paul ressortir, tourteau fromager et verre dans chaque main, ferma les yeux, priant pour qu\u2019il s\u2019en retourne aussi vite.<br \/>\nLe son m\u00e9tallique du fer forg\u00e9 l\u2019inqui\u00e9ta. D\u2019un coup d\u2019\u0153il, elle distingua Paul, confortablement install\u00e9 \u00e0 une table, go\u00fbtant devant son journal, face \u00e0 elle.<br \/>\n\u00c0 se concentrer sur sa respiration pour faire le moins de bruit possible, H\u00e9l\u00e8ne en vint \u00e0 suffoquer. Si Paul avait eu un tee-shirt, elle aurait d\u00e9j\u00e0 mis fin au supplice en s\u2019indiquant \u00e0 lui mais le contact de ses yeux sur sa peau nue, \u00e9veilla en elle le souvenir de leur nuit pass\u00e9e. L\u2019alchimie de leurs corps, l\u2019odeur sucr\u00e9e, la douceur de ses gestes.<br \/>\n&#8211; H\u00e9l\u00e8ne ?<br \/>\nEt merde ! Se dit-elle en sortant la t\u00eate du hamac.<br \/>\n&#8211; Salut\u2026<br \/>\n&#8211; \u00c7a fait longtemps que tu es l\u00e0 ?<br \/>\n&#8211; Je ne sais pas\u2026 Je crois que je me suis endormie\u2026 Quelle heure est-il ?<br \/>\n&#8211; \u00c0 peu pr\u00e8s quatre heures\u2026 Maurice est all\u00e9 voir quelqu\u2019un, il ne devrait pas tarder. Tu veux de la citronnade ?<br \/>\n&#8211; Euh\u2026 Merci, oui, je veux bien\u2026<br \/>\nPaul avait bondi de sa chaise, se pr\u00e9cipitant dans la cuisine pour se d\u00e9samorcer. Il savait qu\u2019H\u00e9l\u00e8ne devait venir mais ne s\u2019\u00e9tait pas attendu \u00e0 la surprendre ainsi. Encore moins \u00e0 se retrouver seul avec elle.<br \/>\nJamais il n\u2019avait coup\u00e9 de citrons avec autant de soin. Il fallait qu\u2019il y retourne, qu\u2019il parle, qu\u2019il soit aimable. Il l\u2019avait promis \u00e0 Maurice. Curer la merde. C\u2019\u00e9tait l\u2019ann\u00e9e.<br \/>\n&#8211; Tiens, j\u2019ai mis des gla\u00e7ons\u2026 Tu veux une part de tourteau ?<br \/>\nH\u00e9l\u00e8ne, assise \u00e0 la table, accepta, un peu perplexe de la sollicitude de Paul. Cent ans s\u2019\u00e9taient peut-\u00eatre \u00e9coul\u00e9s depuis la veille.<br \/>\nSon esprit moulinait pour court-circuiter la vue du torse, la tension du malaise, le bouillonnement des non-dits.<br \/>\n&#8211; Il para\u00eet que tu quittes Paris pour t\u2019installer ici ?<br \/>\n&#8211; Oui, le menuisier prend sa retraite\u2026<br \/>\n&#8211; Et t\u2019as pas peur de t\u2019ennuyer apr\u00e8s Paris ?<br \/>\n&#8211; Je m\u2019y faisais chier un max alors\u2026 peu de chances que ce soit pire\u2026<br \/>\nH\u00e9l\u00e8ne croqua dans le tourteau fromager par contenance, l\u2019estomac nou\u00e9 et le regretta aussi sec. La cro\u00fbte noire avait tendance \u00e0 s\u2019incruster entre les dents.<br \/>\n&#8211; Alors\u2026 Le carrelet de Maurice avance ?<br \/>\n&#8211; Oui, plus qu\u2019\u00e0 poser la porte, un coup de peinture et il sera comme neuf\u2026 Y a deux trois planches du ponton \u00e0 consolider aussi mais je pense que d\u2019ici trois jours, \u00e7a devrait le faire\u2026 Et toi, je ne savais pas que tu venais d\u2019Yves\u2026<br \/>\nPour le savoir, se dit H\u00e9l\u00e8ne, encore aurait-il fallu s\u2019int\u00e9resser un minimum.<br \/>\n&#8211; Ma m\u00e8re vient de l\u00e0, elle est revenue y vivre apr\u00e8s son divorce pour s\u2019occuper de ma grand-m\u00e8re. Moi j\u2019ai grandi \u00e0 Paris mais je viens \u00e0 Yves depuis toujours.<br \/>\n&#8211; Humm\u2026 Et tu fais quoi ?<br \/>\n&#8211; Je suis designer free lance.<br \/>\n&#8211; Sans dec ? !<br \/>\nPaul observa H\u00e9l\u00e8ne pour la premi\u00e8re fois.<br \/>\nLa veille, dans la cuisine de Maurice, avant de la reconna\u00eetre, il l\u2019avait prise pour une fille de marin p\u00eacheur, une parente de Jo. Ensuite, il avait \u00e9vit\u00e9 de l\u2019envisager, ruminant l\u2019irruption ind\u00e9sirable d\u2019un pass\u00e9 qu\u2019il tentait de tondre.<br \/>\nElle n\u2019\u00e9tait pas mal, finalement, plus soign\u00e9e que la veille o\u00f9 elle lui avait paru insipide, les cheveux sales, planqu\u00e9e sous des v\u00eatements informes.<br \/>\nDesigner parisienne. Apr\u00e8s tout pourquoi pas. Elle avait de la cro\u00fbte noire entre les incisives.<\/p>\n<p>Le franc \u00e9tonnement de Paul irritait H\u00e9l\u00e8ne. Pour qui la prenait-il ? Elle d\u00e9cida de ne plus faire le moindre effort. Il \u00e9tait bel et bien le connard arrogant de l\u2019\u00e9poque. Les hommes \u00e9taient d\u00e9cid\u00e9ment trop cons.<br \/>\n&#8211; Tu veux venir voir ?<br \/>\nPaul s\u2019\u00e9tait lev\u00e9, son torse \u00e0 hauteur d\u2019yeux d\u2019H\u00e9l\u00e8ne qui se sentit l\u00e9g\u00e8rement rougir \u00e0 l\u2019id\u00e9e que Paul l\u2019invitait \u00e0 rencontrer son anatomie.<br \/>\nElle leva vers lui son visage incr\u00e9dule.<br \/>\n&#8211; Le carrelet\u2026 Il faut que j\u2019y retourne.<br \/>\n&#8211; Oh\u2026 oui\u2026 enfin non, je ne vais pas t\u2019ennuyer. Je verrai quand il sera fini<br \/>\n&#8211; Dac ! Je te laisse le journal\u2026 \u00c0 toute !<br \/>\nH\u00e9l\u00e8ne regarda le dos large et dor\u00e9 de Paul s\u2019\u00e9loigner.<br \/>\nBon sang, ce qu\u2019elle \u00e9tait grave !<br \/>\nElle \u00f4ta ses lunettes de soleil pour y observer ses dents, ce qui la d\u00e9prima profond\u00e9ment. Puis ayant fait dispara\u00eetre le charbon de son sourire, haussa les \u00e9paules pour se plonger dans un article sur les projets de prospection annonc\u00e9s par Moscou \u00e0 l\u2019encontre du trait\u00e9 de l\u2019Antarctique.<br \/>\nCelui-ci visait \u00e0 faire du continent blanc une r\u00e9serve naturelle d\u00e9di\u00e9e \u00e0 la paix et la science. \u00c0 l\u2019heure des menaces environnementales, voil\u00e0 que certains gouvernements poursuivaient leur course effr\u00e9n\u00e9e aux hydrocarbures, privil\u00e9giant comme toujours des solutions d\u2019urgence en r\u00e9ponse \u00e0 la crise des dettes souveraines, sans penser au long terme.<br \/>\nH\u00e9l\u00e8ne soupira.<br \/>\nL\u2019histoire \u00e9tait toujours la m\u00eame quelle qu\u2019en soit la sph\u00e8re.<br \/>\nElle replia le journal, convaincue que son salut tenait dans la frivolit\u00e9 des plumes d\u2019autruche.<\/p>\n<p>(\u2026)<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>PAUL &#8211; Pff\u2026 C\u2019est le temps\u2026 Un temps pareil en plein \u00e9t\u00e9, forc\u00e9ment \u00e7a ramollit les nerfs\u2026 \u00e7a vous fait une tension de barom\u00e8tre d\u00e9pressionnaire\u2026 J\u2019observe Maurice, son regard tourn\u00e9 vers le feutr\u00e9 du large. Quel \u00e2ge peut-il avoir maintenant ce vieux de ma jeunesse quand d\u00e9j\u00e0 les ados de la maison me font d\u00e9gringoler &hellip; <a href=\"https:\/\/elisabethfouche.com\/index.php\/2017\/02\/16\/lile-aux-dames\/\" class=\"more-link\">Continuer la lecture de <span class=\"screen-reader-text\">L&rsquo;\u00eele aux dames<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[9],"tags":[19],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v18.3 - https:\/\/yoast.com\/wordpress\/plugins\/seo\/ -->\n<title>L&#039;\u00eele aux dames - Elisabeth Fouch\u00e9<\/title>\n<meta name=\"description\" content=\"Extraits du roman d&#039;anticipation L&#039;\u00eele aux dames d&#039;Elisabeth Fouch\u00e9 dont l&#039;action se d\u00e9roule entre un Paris d\u00e9shumanis\u00e9 et une \u00eele encore pr\u00e9serv\u00e9e du net\" \/>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/elisabethfouche.com\/index.php\/2017\/02\/16\/lile-aux-dames\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"L&#039;\u00eele aux dames - 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